lundi 2 avril 2007

la crémaillère est passée, les gens sont restés...

LE COLLECTIF « CONFLUENCE 6 » PEND LA CREMAILLERE

Ce dimanche le 6 rue de la Madeleine a reçu en nombre ses voisins, plus ou moins proches, du quartier Battant. Après avoir partagé des heures de convivialité autour d’un énorme buffet froid, les gens ont pu découvrir l’intérieur des locaux, laissant évoquer en eux les désirs d’aménagement de ces salles à leur souhait… « Et si je pouvais faire de la sculpture ici ?... » « Je pourrais apprendre la couture aux autres… » « Et si je suis à la rue pour dormir, je peux venir frapper chez vous ? » « J’aimerais apprendre la peinture, ici on pourrait m’aider… ». Toutes ces phrases, ce sont des citations de curieux qui ont osé oser. Car franchir le porche n’est pas facile lorsque l’on se considère trop vieux, handicapé ou pas artiste pour un sous… Mais le collectif nous surprend quand il invite le passant depuis le seuil et en pleine rue, bardé d’un costume d’ange et d’une clarinette. « La convivialité n’exclut personne… » et la mixité est atteinte lorsque se présentent les personnes lors de l’assemblée générale : Vincent, habitant du quartier, Jo’, étudiant, Jean-Charles, comédien, Jacqueline, bisontine de 65 ans, Mickaël, animateur de l’éducation populaire, des chômeurs, des familles, des musiciens, des retraités, des commerçants…

La première semaine est passée et la ville a enclenché une procédure juridique d’expulsion sur ces motifs :
Occupation illégale du collectif. Locaux dangereux, non normalisés.

Les projets de la ville sur ce lieu ont été repoussé en 2010 mais il s’agirait de céder l’ensemble des locaux à des sociétés d'économie mixte immobilières dans le but de créer des logements (sociaux ou non).
Battant, le Montmartre bisontin, veut être assécher alors que coule encore dans ses veines le souffle de la vie.

[petite rétrospective subjective]

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Chers amis,je vois que vous avez actualisé votre blog, c’est bien, mais vous écrivez des trucs pas vrais :
« […] il s’agirait de céder l’ensemble des locaux à des promoteurs immobiliers dans le but de créer des logements (sociaux ou non). Ces logements s’adresseraient, selon Franck Monneur, aux étudiants essentiellement. Mais sûrement pas aux gens qui en ont déjà besoin… »
Non, Les locaux ne seront pas cédés à des promoteurs : la Ville décidera du programme de logement par le truchement de ses agences, SEDD et SAIEMB. De plus, ces logements seront largement destinés aux familles ; le maire veut « combler le déficit de peuplement du quartier ». C’est pas pareil !
Quand vous écrivez : « Battant, le Montmartre bisontin, veut être asséché alors que coule encore dans ses veines le souffle de la vie », vous êtes plus intéressants, à vous de préciser ça… Tenez-nous au courant, à +
Pierre Guillard (pg25000@free.fr)

Anonyme a dit…

Voilà un bien beau projet que je ne peut que soutenir et vous félicité!

Mais, attention a ne pas renforcer ce procesus de "gentrification" déja ammorcer dans le centre de Besançon.Le secteur immobilier utilise de plus en plus l’usage temporaire culturel (surtout) comme un usage transitoire permettant de valoriser un quartier et de le développer, sur le plan immobilier surtout, voir uniquement. Une certaine instrumentalisation donc qui participe au phénomène de gentrification.

confluencesix a dit…

C'est pour rendre intelligible l'ensemble de ces enjeux au plus grand nombre et en vue de leur participation à la "remodélisation" du quartier Battant (même à la marge), voir de la ville (dans une vision globale et réellement pluraliste), que nous revendiquons la création d'un Comité Permanent de Concertation le temps du projet de réhabilitation de Battant, à l'image de ce qui s'est fait pour les Halles à Paris (voir le témoignage d'une praticienne régulière de ce Comité dans notre rubrique "Lu, vu, entendu").